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 Datlas / sur le bitume l'engrenage se déroule (suite)

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MessageSujet: Datlas / sur le bitume l'engrenage se déroule (suite)   Lun 14 Aoû - 0:19




He wore black and I wore white
"j'sais bien. j't'ai jamais cru, de toute façon.", qu’il dit, et alors t’as envie de le frapper, de lui arracher cet air un peu trop calme, trop factice, de lui faire avaler son pétard, tabac et herbe comprises, a moins que ce ne soit un pur, ce qui ne t’étonnerait pas de sa part, il a toujours voulu vivre, ressentir, à fond. t’as envie de lui faire ravaler ses grands airs de tout est mieux ici, son soi-disant savoir alors qu’il ne sait rien, alors que c’est qu’un petit con inculte de plus, qu’il n’y connait rien, qu’il ne comprend rien.

il se permet de parler, alors qu’il ne sait pas à quel point t’en crevais, d’ici, t’en étouffais, de ta liberté, les murs, tu les voyais se resserrer, et te prendre à la gorge, et leur mensonge t’y croyais plus. Alors oui, le fric n’était pas la solution miracle que tu pensais, mais c’est toujours mieux, mieux que d’mourir la bouche ouverte sur les pavés, sans un regard, sans un secours.

"tu mens mal quand tu parles du bonheur ou dce genre de conneries.", qu'il ajoute, et là, en une phrase, il te rappelle pourquoi ça te manque, ici, pourquoi t'es chez toi. pourquoi tu l'aimais, d'ailleurs. c'est con, ça, depuis que t'es partie, tu ressens plus la peur, la faim, le froid, ou la douleur, mais tu ressens plus non plus la passion, tu ressens plus rien, en fait, rien qu'un grand vide qui se font dans un train-train quotidien.
mais ça, évidemment, tu lui diras jamais, ça lui ferait bien trop plaisir, de savoir qu'il avait raison, au fond, savoir que là-bas, c'est vide, c'est creux, c'est faux.

"j'suis toujours mieux ici. mieux ici qu'ailleurs."
tu ricanes un peu, il n’essaie même pas d’y croire, ça crève les yeux. et puis, même s’il avait tenté, même avec toute la bonne volonté du monde, comment y croire ? pour être mieux, il faudrait être, et être, ça fait mal, trop mal pour deux paumés comme vous, pour deux gosses qui ont voulu, trop tôt, jouer aux grands, pour ceux qui ont appris à inhiber leurs sentiments par les effluves des produits qui font tourner la tête, pour ceux qui ont arrêté de rêver alors qu’ils ne savaient même pas encore comme l’épeler, r ê v e r.

"t’es qu’un con, atlas.", que tu dis, sans trop savoir pourquoi, peut-être parce que t’avais envie de lui foutre ton poing dans la gueule presque autant que de l’embrasser, peut-être parce que tes doigts sont toujours crispés sur la seringue et le flacon d’héro dans ta poche, peut-être juste parce qu’il est là, et toi aussi, et que vous êtes la preuve qu’ici ou là-bas, y’a pas de bonheur qui tienne, et que ça fait mal, cet espoir brisé.

"avant que je parte, j’pensais que c’était mieux, là-bas. et puis en fait, non. c’est pas pire non plus. mais j’crois juste qu’on est né insatisfaits. et qu’on crèvera comme ça. ça mettra juste plus de temps là-bas."


camo©015
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MessageSujet: Re: Datlas / sur le bitume l'engrenage se déroule (suite)   Lun 14 Aoû - 0:40

t'es un con, atlas.
t'es un con.
et tu prends une malin plaisir
à le montrer.

tu sautes du dossier
sur lequel
tu étais assis
et tire une révérence.

"con et fier,
majesté.
à votre service"


tu arbores un sourire
de celui
qui a confiance en lui
de celui
qui prend un peu tout
(trop ?)
à la légère
de celui qui séduit
et qui le sait.

t'allumes une clope
pendant qu'elle
se confie
et lui tends ton paquet
Marlboro Red

"grilles-en toi une,
ma belle.
peut-être qu'au bout d'un
certain temps
ça t'empêchera
d'dire des trucs aussi
déprimants"


prendre tout à la légère
dévier de sujet lorsqu'il est
trop sérieux
trop important
trop réel
tu es devenu
professionnel.

"ceci dit,
jsaisis pas trop lprincipe
de vouloir crever
dans plus de temps"


tu vis
pour crever
si bien que
tu vis plus vraiment
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MessageSujet: Re: Datlas / sur le bitume l'engrenage se déroule (suite)   Lun 14 Aoû - 0:59


[/quote]


He wore black and I wore white
et il te joue son petit numéro de charmeur qui marchait si bien (qui marche encore ?), et tu peux pas vraiment t’empêcher d’esquisser un petit sourire, parce que putain, t’es qu’un con, atlas. parce que putain, c’est vrai que la vie est plus belle quand on en rit, mais t’as toujours été comme ça, pas vrai, dam. t’as jamais su en rire, de la vie, t’as su qu’en chialer, et pour oublier que t’en chialais, tu prenais ta cigarette-qui-fait-rire, et là tu savais t’sentir bien, enfin tout aussi bien que t’as jamais su l’être, c'est-à-dire moins mal.

tu prends la clope qu’il te tend, il te traite de déprimante, et tu sais pas pourquoi mais t’as envie de l’serrer dans tes bras, très fort, et d’pleurer, un peu, aussi, c’est peut-être la beuh que t’as fumé, ou bien juste que t’es une connasse de névrosé comme ils disaient à l’époque. mais tu peux pas vraiment, t’as trop d’honneur, et puis, t’es une princesse, maintenant, même s’il a pas fallu longtemps pour que tu te conduises comme à l’époque. pourquoi t’es tombée sur lui, putain. du coup, tu te contentes de te saisir de la cigarette, et de sortir un zippo, le beau truc en or que daddy t’as donné quand il a compris d’où tu sortais. un des premiers cadeaux, celui que tu trainais encore quand t’étais toujours dans le quartier, un de ceux qui ont fait que tes potes ont compris que t’allais te casser.

"ceci dit, jsaisis pas trop lprincipe de vouloir crever dans plus de temps"
et pourquoi t’es encore en vie, si tu veux crever, atlas ? que tu te demandes. pourquoi t’es pas encore mort, d’une overdose ou d’un coup de poignard dans l’cœur, les veines tranchées, ou au fond du fleuve ? ici, pour être en vie, faut le vouloir, forcément, y’a trop de raisons de mourir pour qu’on puisse vivre par hasard. lui aussi, il a l’air d’attendre, comme si quelque chose le retenait ici, comme s’il voulait finir un truc avant de partir, définitivement. enfin.

"et comment il va ton monde, chaton ?", que tu demandes, un peu sarcastique, plus pour lui faire croire que t’avales son mensonge sans broncher, pour lui faire croire qu’avec toi, ça passe comme avec les autres, que pour te renseigner. tu sais très bien comment il va le monde. il va mal. mal à en crever. et il doit baiser, et il doit planer, et boire, et peut-être même tuer, pour ce que t’en sais. voir des gens crever, c’est peut-être bien le seul truc dont t’es contente d’être débarrassée. t’as beau jouer à la caïd t’es loin d’être assez forte pour toute la misère du monde. de ce monde.

tu te lèves, mal assurée, t’avances d’un pas vers lui, danse en silence. tu poses ta main sur son épaule, plus légère qu’une plume, et tu tournes autour de lui, tu contemples ce paysage. ton paysage.

"merci pour la clope, au fait."


camo©015
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MessageSujet: Re: Datlas / sur le bitume l'engrenage se déroule (suite)   

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Datlas / sur le bitume l'engrenage se déroule (suite)

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